Iran Human Rights, le 21 août : alors que la sentence de mort par lapidation de Mme Sakineh Mohammadi Ashtiani reçoit une attention internationale croissante, Iran Human Rights a publié un court rapport sur les sentences de mort par lapidation en Iran.
Pour commenter ce rapport, Mahmood Amiry-Moghaddam, le porte-parole d’Iran Human Rights, a déclaré : "Ce rapport est basé sur des informations fiables fournies par des associations de droits de l’homme ainsi que par les autorités judiciaires iraniennes. Notre propos est de faire la lumière sur les faits concernant les cas de lapidation en Iran".
Il a ajouté : "Contrairement à ce que les autorités iraniennes ainsi que certains médias déclarent sur les rares cas de lapidation en Iran, ce rapport démontre que le châtiment par lapidation a été pratiqué par les autorités iraniennes chaque année depuis quatre ans. Nous publions également les noms de 13 personnes, en plus de Mme Ashtiani, 10 femmes et 3 hommes qui attendent actuellement dans les prisons iraniennes d’être exécutés par lapidation".
Amiry-Moghaddam conclut : "Nous espérons que l’attention internationale portée au dossier de Mme Ashtiani se portera également sur tous ceux qui sont condamnés à mort par lapidation et que ce mouvement continuera jusqu’à ce que ce châtiment barbare soit retiré du code pénal".
Iran Human Rights souligne que les chiffres mentionnés dans ce rapport sont probablement plus bas que la réalité car la plupart des sentences de mort par lapidation prononcées par les autorités iraniennes sont décidées en secret et à cause également du manque d’information sur la plupart des prisons iraniennes. Néanmoins, tous les cas de lapidation ces quatre dernières années ont été soit confirmés officiellement (cinq cas) ou officieusement (deux cas) par les autorités iraniennes.
La liste des personnes condamnées à mort par lapidation détenues dans les prisons iraniennes est basée sur des informations réunies par des membres de la campagne "Stop Stoning Forever" qui a débuté en Iran en 2006, ou de sources fiables via des avocats et des défenseurs des droits de l’homme en Iran.
SEPT CAS DE LAPIDATION APPLIQUES PAR LES AUTORITES IRANIENNES DEPUIS MAI 2006 :
Deux cas en mai 2006 :
Mahboubeh Mohammadi, qui aurait avoué sous la pression avoir commis un adultère, lapidé à mort avec Abbas Hajzadeh en mai 2006 à Mashad
Abbas Hajizadeh, lapidé à mort en mai 2006 à Mashad (voir ci-dessus)
Un cas en juillet 2007 :
Jafar Kiani, lapidé à mort en juillet 2007 dans le village de Aghche Qand près de Qazvin. Sa lapidation avait été reportée grâce à la pression internationale. Lapidation confirmée par les autorités iraniennes.
Trois cas en décembre 2008 :
Houshang Khodadadeh, lapidé à mort en décembre 2008 au cimetière de Mashad, avec deux autres hommes (voir ci-après)
Mahmood Gh., citoyen afghan, a été lapidé avec Hoshang Khodadadeh et un autre homme en décembre 2008. Mahmood a réussi se dégager du sol et la lapidation a été interrompue comme le prévoit le code pénal iranien.
Un autre homme non-identifié a été lapidé à mort en même temps que Houshang Khodadadeh et Mahmood Gh (Cas 4 et 5). Les autorités iraniennes ont confirmé l’information quelques semaines plus tard.
Un cas en mars 2009 :
Vali Azad, lapidé à mort en mars 2009 à Rasht. Il avait été condamné à mort par lapidation pour cause d’adultère. Sa mise à mort a été confirmée plus tard par le porte-parole des autorités judiciaires.
LISTE DE QUELQUES PERSONNES CONDAMNEES A MORT PAR LAPIDATION ACTUELLEMENT DETENUES DANS LES PRISONS IRANIENNES :
FEMMES DANS LE COULOIR DE LA MORT EN ATTENTE DE LAPIDATION :
Sakineh Mohammadi Ashtiani (43 ans) : Actuellement détenue à la prison de Tabriz. Déjà condamnée à recevoir 99 coups de fouets pour avoir eu une relation immorale et à 10 ans de prison pour complicité dans le meurtre de son mari. Un tribunal l’a condamnée à mort par lapidation pour adultère. Grâce à une pression internationale massive, la sentence de lapidation a été suspendue, mais elle est en danger d’être exécutée par pendaison.
Kobra Babaei : Actuellement détenue à la prison de Tabriz, mère d’une fille de 13 ans. Son mari Rahim Mohammadi a également été condamné à mort par lapidation a été pendu en 2009.
Azar Bagheri (19 ans) : Actuellement détenue à la prison de Tabriz, condamnée à mort pour adultère à l’âge de 15 ans.
Iran Eskandari (31 ans) : Actuellement détenue à la prison d’Ahvaz, mère d’un garçon de 13 ans, condamnée à cinq de prison pour complicité dans le meurtre de son mari et condamné à mort par lapidation pour adultère en 2005. La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en 2006.
Fatemeh : Actuellement détenue dans une prison de Téhéran (probablement Evin), condamnée à une peine de rétribution pour sa participation au meurtre de son mari et condamnée à mort par lapidation pour adultère en 2005.
Maryam Ghorbanzadeh (25 ans) : Actuellement détenue à la prison de Tabriz.
Hashemi-Nasab : Actuellement détenue à la prison de Vakilabad à Mashad.
Ashraf Kalhori (41 ans) : Actuellement détenue à la prison d’Evin à Téhéran. L’application de sa sentence de mort par lapidation a été suspendue en 2006 après un arrêt pris le procureur général.
Une femme identifiée comme M. Kh. : Actuellement détenue à la prison de Vakilabad à Mashad.
Sarimeh Sajjadi (31 ans) : Actuellement détenue à la prison d’Oroumieh, mère de deux enfants, condamnée à mort par lapidation pour le même cas d’adultère que Boali Janfashani (voir ci-dessus). La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en 2009.
Kheyrieh Valania (42 ans) : Actuellement détenue à la prison d’Ahvaz, condamnée à mort par lapidation en 2002. Elle a également été condamnée à une peine de prison pour complicité dans le meurtre de son mari, une accusation qu’elle a toujours niée.
HOMMES DANS LE COULOIR DE LA MORT EN ATTENTE DE LAPIDATION :
Seyed Naghi Ahmadi : Actuellement détenu à la prison de Sari, condamné à mort par lapidation pour adultère en 2008.
Boali Janfashani (33 ans) : Actuellement détenu à la prison d’Oroumieh, père d’un enfant, condamné à mort par lapidation pour la même affaire que Sarimeh Sajjadi. La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en décembre 2009.
Mohammad Ali Navid Khamami : Actuellement détenu à la prison de Rasht, condamné à mort par lapidation en 2008.
Sources : Iran Human Rights, Campaign stop stoning forever, Jahan-e-zan, Amnesty International