Iran Human Rights, le 23 août : Iran Human Rights (IHR) prévient de la possibilité d’une nouvelle vague d’exécutions en Iran dans les prochaines semaines. Plusieurs rapports en provenance d’Iran indiquent que les autorités iraniennes prévoient des exécutions en masse, parmi elles celles de prisonniers politiques et d’autres prisonniers condamnés pour espionnage.
La plupart des exécutions devraient principalement avoir lieu suite au 16e sommet des pays non-alignés qui doit avoir lieu à Téhéran du 26 au 31 août. Des hauts-fonctionnaires de 40 pays non-alignés ainsi que des pays observateurs et des organisations internationales, comme les Nations Unies, doivent y assister.
IHR implore la communauté internationale de prêter attention à l’Iran dans les prochaines semaines. Mahmood Amiry-Moghaddam, le porte-parole d’IHR, a déclaré aujourd’hui : "Il y a plusieurs sources qui indiquent que les autorités iraniennes ont programmé des exécutions pour les semaines à venir. Nous sommes très préoccupés par ces exécutions imminentes et nous implorons la communauté internationale de réagir avant qu’il ne soit trop tard." Il a ajouté : "Nous demandons spécifiquement aux Nations Unies et aux chefs des gouvernements qui seront présents au sommet des pays non-alignés d’aborder la question de la peine de mort en Iran."
Il n’y a eu aucune exécution pendant le mois du Ramadan qui s’est terminé le 20 août. De nouvelles exécutions sont attendues le mois prochain. D’après les rapports annuels d’IHR sur la peine de mort, dans les années passées, il y a eu une augmentation substantielle des exécutions après le Ramadan. En 2011, au moins 72 personnes avaient été exécutées dans les trois premières semaines qui ont suivi le Ramadan.
Durant ces derniers mois, les autorités iraniennes ont diffusé sur la chaîne publique ce qu’elles appellent les "aveux" d’Iraniens impliqués dans l’espionnage et la coopération avec Israël. Le 6 août, la télévision d’état a diffusé les aveux supposés de 14 suspects (six femmes et huit hommes) en rapport avec l’assassinat de cinq chercheurs en nucléaire. Certaines des personnes dont les "aveux" avaient été diffusés sont : Behzad Abdoli, Firouzeh Yeganeh, Maryam Zargar, Ramtin Mahdavi Moshaie, Arash Kheradkish et Maziar Ebrahimi.
IHR pense que les aveux faits par ces prisonniers sont suffisamment sérieux que ceux-ci risquent de les mener à leur exécution. En mai, un autre prisonnier, identifié comme Majid Jamali Fashi, a été pendu en public à Téhéran après que ses aveux aient été diffusés sur la chaîne publique.
Il y a d’autres prisonniers dont les exécutions sont imminentes et qui réclament une attention urgente.
Gholamreza Khosravi, 50 ans, a été arrêté en 2008 au Rafsanjan, Kerman (au sud-est de l’Iran). Il a été mis en examen pour son soutien présumé à Simay Azadi, une chaîne de télévision liée à l’Khalgh Moudjahidin-e (MEK ou l’OMPI).
Gholamreza Khosravi a été condamné à mort lors d’un second procès par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il a été condamné pour Moharebeh (être en guerre contre Dieu) pour son soutien présumé à la MEK. La condamnation à mort a été confirmée par la Cour Suprême le 21 avril. D’après nos sources en Iran, l’exécution est programmée pour le 10 septembre.
Abdolreza Ghanbari, 44 ans, a été arrêté après la vague de manifestations à Ashura en décembre 2009. Il a été condamné à mort pour Moharebeh pour son soutien présumé à la MEK. Sa demande de grâce a été rejetée par la Cour Suprême. Il peut être exécuté à tout moment.
Ahmad Daneshpour Moghaddam, 42 ans, et Mohsen Daneshpour Moghaddam, 69 ans, fils et père, ont également été arrêtés en rapport avec les manifestations à Ashura. Ils ont été jugés pour Moharebeh, pour leur soutien présumé à la MEK, et condamnés à mort. Ils peuvent être exécutés à tout moment.
L’inquiétude continue de grandir concernant l’exécution imminente de Saeed Malekpour, 37 ans, un programmateur web dont les chefs d’inculpation inclus Moharebeh et insulte à l’Islam. Sa sentence de mort a été confirmée par la Cour Suprême en Janvier 2012. Il peut être exécuté à tout moment.
Il y a également plus de 20 prisonniers politiques kurdes dans les couloirs de la mort en Iran dont les exécutions sont imminentes